Edito de la semaine : La violence

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« Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés.
La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première.
La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres.
Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. »

DOM ELDER

La violence on la retrouve partout : dans la rue, à la maison, au travail, à l'école, dans les médias, la religion, la politique, au cinéma, dans les hôpitaux et même dans la tête de Zemmour

La violence il y a d'abord ceux qui la pratiquent
Des individus isolés ou des groupes
violence institutionnelle
Violence révolutionnaire
violence répressive
Toutes ces formes de violences ont en commun de viser soit à faire mal, détruire, blesser l’autre ou soi-même.
Et pour faire mal, il existe un paquet de moyens de violences : violences physiques ou matérielles, violences sexuelles, violences psychologiques ou verbales...

Les Violences psychologiques et verbales ce sont les plus courantes : rejet, humiliation, intimidation, isolement, exploitation, harcèlement , insultes…
mais parlons plutôt des violences physiques et matérielles
Des Violences sur autrui qui se pratiquent tous les jours
Mais c'est la violence matérielle qui reste pointée du doigt

Un abri bus cassé durant une manifestation, c'est de la violence
Un hôpital publique cassé par un gouvernement, c'est une réforme de la santé
D'un côté l'impact est à court terme et de l'autre agit sur le temps

Dans cette société du fait divers qui ne laisse plus beaucoup de place à la prise de recul et à l'analyse de fond,
La violence dépend de l'émotion qu'elle suscite
Car créer de l'émotion détourne le regard des problèmes structurels
et amène à encourager des décisions irréfléchies, absurdes, violentes.

Au service d'un système qui les dépasse, les décideurs vont déployer une autre forme de violence beaucoup plus sournoise
Faire taire ou masquer ceux qui ont quelque chose à dire, voilà  toute la puissance de la violence institutionnelle armé de son bras répressif
Accuser, diviser, stigmatiser, humilier, contraindre, enfermer, réprimer, tuer.

Face à cela différentes réactions possibles
SI la violence engendre bien souvent la violence
Gandhi et Martin Luther King  ont eux mis en pratique la non-violence, qui est tout de même une force ou encore « une méthode politique destinée à résoudre des problèmes politiques »
Non violence ne signifie pas passivité
L'histoire a montré que les moyens non-violents (grève, boycott, sit-in, etc.) ont parfois changé la condition des citoyens, et en premier lieu, de ses couches les moins favorisées : mouvement ouvrier en Europe, changements en Amérique Latine après l'abandon de la guérilla, changements en Europe de l'Est qui ont mené à la fin de la dictature communiste, etc...

Mais la plus grande des violences c'est finalement le conformisme.
Des personnes qui se punissent elles même et punissent celles qui sortent des rangs
Grâce à la pression sociale, le pouvoir et la violence de l'État" n'ont même plus besoin d'intervenir...

Date de publication 08.12.2020