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Edito de la semaine : Retour vers la Culture
23fev
Edito de la semaine : Retour vers la Culture
On utilise souvent le mot «culture» pour désigner exclusivement l'offre de pratiques et de services culturels, en particulier dans le domaine des arts et des lettres. Avec ou sans majuscule la Culture est surtout un objet vivantUn concept que nous pourrions passer des heures à définirEt pourtant nous n'avons pas à l'interrogerElle est tous ces codes communs, ces liens et ces références qui unissent des humains,Qui nous définissent en tant que sociétéElle est composée de tout ce que nous considérons comme allant de soiUn héritage de l'histoire, des expériences, des créations, des patrimoines transmis Nourri de tous les échanges qui les ont accompagnésProductrice de sens, de connaissances, de créativité,la Culture, telle qu'on l'appelleN'est pas morteCette culture ne peut être effacéeElle est immortelle et intemporelleLa Culture comme le nuage ne peut être contenueElle plane au dessus de nos petites considérationsS'étend, se diffuse, se forme et se déformeSe dissipe, mais jamais ne disparaît Créer c'est marquer l'empreinte d'une société à un instant TMais qu'en est-il de la création du présent ?Celle qui avance masquée, contrainte et réduite à des écrans noirs, sans vieComme dans tous ces lieux dédiés à la diffusion Légitimés et récupérés par l'institution quand ils étaient utilesNon essentiels en tant de crise...Quand le Conseil d’État précise que l’interdiction de réunion dans les lieux de cultes est disproportionnée et constitue une atteinte grave et illégale à la liberté de culte. Qu'en est-il des lieux de Culture  et de ses adeptes?Ceux que l'on appelle les acteurs culturels ?Artistes, médiateurs, associations, institutions, industries culturelles, opérateurs publics et privés, publics...Biberonnés, influencés pour être légitime Ils ne savent plus comment existerSans un état tantôt mécène, tantôt bourreauLa Culture n'appartient pas au politiqueLa Culture est politiqueElle doit donc s'émanciper, Se réinventer, retrouver le social, Exister dans le présent pour se sentir encore vivante demainSans jamais nier la réalitéLa Culture sous toutes ses formes, que nous l'attaquions ou la défendonsN'a pas besoin de salles de spectacles, de musées ou de cinémas pour existerPeut-être que trop de citoyens l'ont oublié,Conditionnés à ne la voir que dans ces lieux dédiésOu à la consommer isolés sur internetRevenons plutôt aux fondamentaux Et entamons dès aujourd'hui un retour vers une Culture...Vivante

Edito de la semaine : Le voyage
16fev
Edito de la semaine : Le voyage
A l'époque, l'être humain pouvait se déplacer  librement,d'un point A vers un point B plus ou moins éloigné dans un but personnel motivé par la curiosité, la rencontre de nouvelles cultures, de nouveaux échanges...Parfois c'est la guerre, la politique ou le climat qui amenaient ce déplacementMais le voyage n'étant jamais lié à une nécessitéIl est longtemps resté un luxe réservé aux élitesLes jeunes nobles qui s'en allaient faire le grand tourou les grands explorateurs :Pythéas, Didon, Marco Polo, Zhang, Eirik le rouge, Whang, Collomb, Magellan, Cook, BéringLe monde s'est alors rétrécit, les transports et les congés payés ont fait le resteLe voyage s'est démocratiséIl est devenu un produit de consommationConsommation du temps de loisir durement gagné à la tâcheConsommation de la découverte, de l’inattenduConsommation d'énergie et de carburants fossiles aussiAvec l’avènement de nouveaux moyens de transportsPlus rapides, plus confortablesLe train, l'automobile, l'avionOnt entraîné leur lot de conséquences :Fragmentation des paysages et des écosystèmesémission de gaz à effet de serre et autres polluantsLe voyage a bouleversé à jamais notre rapport à la nature, à soi et à l'autreUne expérience qui nous bouscule Dans nos imaginaires et nos croyances Nos certitudes, et nos à priori sur l'inconnuLe voyage a aussi bousculé ceux qui ne voyagent pasIl a fallut accueillir le touriste et accompagner le voyageurEt donc réaménager le réel :Destruction des écosystèmes, gentrification socialeCréation d'écarts de richesse,Transformation du patrimoine en folkloreTouriste ou voyageurCertains le vivent, certains le consommentIntérieur, ouvert ou entre soi le voyage est un aller-retour sans retour possibleCe qui compte ce n'est pas la destination bien sûr, c'est surtout le décalage créé par le retourquand le décor change, le regard aussiEt quand le regard a changé plus rien n'est comme avantOn sait enfin qu'on ne sait plusOn s'imagine faire le voyage impossiblecelui qui aurait pu nous faire découvrir des paysages nouveaux et des cultures encore inconnues...Mais on réalise alors que le voyage n'avait pas de destination : que nous étions notre propre destination..

Découverte : Władysław Broniewski poète polonais
10fev
Découverte : Władysław Broniewski poète polonais
Władysław Broniewski est né le 17 décembre 1897 à Plock dans l'actuelle Pologne mais sous domination de l'empire Russe à l'époque. Poète engagé à gauche, il laisse une œuvre révolutionnaire. Il participera durant toute sa vie à la quête de l'indépendance de son pays et à faire valoir ses idées socialistes. Il s'éteint le 10 février 1962 dans sa chère Varsovie. Bo wtedy moge¸ uja¸c´ w ramiona´wiat od mil s -os´c´i mej szerszyfala¸ wezbrana¸, fala¸ szalona¸nie napisanych wierszy…55Parce que je peux alorssur la vague montante, sur la vague insenséedes poèmes à venir,embrasser tout un monde, plus vaste que l’amour…Plus d'infos sur Władysław Broniewski : https://www.cairn.info/revue-de-litterature-comparee-2003-3-page-275.htm?try_download=1

Edito de la semaine : L'alimentation
09fev
Edito de la semaine : L'alimentation
Manger est un besoin vital essentielEt pourtant l’accès à une alimentation, qui plus est de qualité, est encore très loin d’être garanti. Interdiction du glyphosate, installation de caméras de surveillance dans les abattoirs...La loi agriculture et alimentation avait relancé de nombreux débats Parmi les amendements, de courageux députés LR avaient demandé une reconnaissance officielle de l'appellation Chocolatine à la place de Pain au chocolat.Une question cruciale qui, on le sait a enflammé toute la FranceLa Chocolatine meilleur rempart au fascisme disaient certains.Mais ce qui est sûr c'est que la chocolatine propose surtout un vrai contrefeux médiatiquecomme le cannabis et le voile...L'occasion de ne pas parler du consommateur qui n'a même plus les moyens de s'empoissonner, le paysan qui trinque et la grande distribution qui se gaveEn effet,La situation covidienne a mis en évidence la vulnérabilité de notre système agricole et alimentaire. Les agriculteur·rice·s et éleveur·ses qui ont continué à travailler pour nous nourrir, sont précarisés, près d’un quart d’entre eux vivant sous le seuil de pauvreté. En 2019, on comptait plus d’un suicide d’agriculteur·rice par jour, Tandis que le maraîcher du coin se fait saigner par la grande distribution et achever par l'étatLe consommateur ne va pas mieuxIl est obèse, diabétique ou atteint de cancerInformé sur son alimentation par la publicitéIl est drogué au sucre et au sel Il préfère les plats préparés, les produits transformés Plus ça vient de loin moins c'est cherun fruit et légume sur deux consommés en France est importé Quand il ne mange pas des barquettes, le consommateur est affaméLe nombre de demandeur·euse·s de l’aide alimentaire, au nombre de 5,5 millions avant la crise, est passé à environ 8 millions de personnes.Sur les 79 banques alimentaires en France, neuf ont préféré reporter la grande collecte après les vacances de février 2021, “du fait de la non-participation légitime de bénévoles”. Les images des rayons vides des supermarchés ont fait craindre le pire à nos dirigeants politiquesMais au lieu d’encourager les circuits courts, Ils ont tout misé sur la grande distribution et l’agriculture industrielle étonnant non ?au détriment des petits paysans et de la vente en circuit court avec les marchésDe là à se demander si l'état souhaite avant tout la bonne santé des circuits de grande distribution qui elle-même semble faire le jeu de la pharmacie avec ses cancers en barquettesPlutôt que de ses citoyens et ses agriculteurs Il n'y a qu'un pas...

Edito de la semaine : Les animaux
02fev
Edito de la semaine : Les animaux
Comment distinguer un animal d'un végétal et d'un humain ? Les plus grands philosophes se sont penchés sur le sujet, mais aucun n'a apporté la même réponse… Ah si : l'animal est dépourvu de raison, d'intelligence, de culture, de liberté, d'âme, de langage Mais malgré les espaces infinis qui séparent le lézard du chien ou l'aigle du dauphin, on les appellent animauxIgnorants toute diversité et toute forme de consciencePendant longtemps l'animal était considéré comme un objetMalbranche, disciple de Descartes, battait son chien et quand il aboyait, constatait froidement : « Regardez, c’est exactement comme une horloge qui sonne l’heure ! » La société de consommation a d’ailleurs complètement intégré cette idée en faisant de l’animal un objet manufacturé. En face des montagnes de cadavres d’animaux malades élevés en batterie de la fièvre aphteuse, on entend : « C’est tout à fait légitime : cela coûte moins cher de les tuer que de les vacciner ! » Après-tout ce n'est qu'une bête...quand ça nous arrangeCar l'animal a parfois droit au même traitement qu'un humainAu Moyen-âge, lorsqu’un animal avait blessé ou tué un homme, il était traduit en justice, défendu par des avocats , puni s’il était jugé coupable et éventuellement pendu en place publique. Du temps de Louis 12, l’évêque d’Autun avait même voulu excommunier les rats parce qu’ils transmettaient la peste. Mais grâce à la brillante plaidoirie de leur avocat, les rats échappèrent heureusement à cette condamnation...Quand l'humain est définit par ses mauvais côtés, c'est avec des caractéristiques propres à l’animal, :"caractère bestial" : il n'est qu'instinct, agressivité, sous-entendu "tout comme le serait un animal".  Qui sont les vrais animaux ?Ces cochons qui barbotent dans la boue ou ces gros porcs en costard qui fixent le consentement sexuel à 13 ansTout en jugeant trop jeune une ado de 16 ans pour parler d'environnement ?Ces bâtards qui se lèchent les testicules ou ces chiens de races qui insultent leurs propres électeurs ?Tout en s'indignant  qu'on ose faire remarquer leur incompétenceCes moutons au regard bovin qui suivent bêtement la marche ou ces blaireaux qui se croient soudain épidémiologistes ?Quand ils se posent beaucoup de questions face au discours dominant Mais plus aucune face une critique séduisante et quelques statistiques L'humain sait tout, contrairement à l'animalL'animal n'a pas cette prétention absurde, contrairement à l'humainL'animal applique ce qu'il sait par rapport à la réalité, tandis que l'humain a tendance à la modifier ou la nier quand ça l'arrangeRegardez l'énergie qu'on peut déployer pour préserver la dignité de la condition animale tout en laissant crever des êtres humains dans la méditerranéeDécidément l'humanité et ses paradoxes douteux n'ont pas fini de nous faire vomir...Que nous reste t'il donc pour nous distinguer de l'animal ?La raison a laissé la place à la panique,L'intelligence à l'arrogance,La culture au divertissement,La liberté aux privilèges de certainsLe langage à des monologues de 140 caractères..Une âme peut-être ?Nous voilà bien avancés, Avec ou sans âmeComment l'humain pourrait-il respecter les droits de l'animal quand il ne respecte même plus les siens ?

Edito de la semaine : Les émotions
19Jan
Edito de la semaine : Les émotions
Sans vouloir plomber l'ambiance (de toute façon c'est déjà le cas),Certains affirment que le troisième lundi de l'année est placé sous le signe de la déprime.Mais pourquoi ce jour serait-il le plus déprimant de l'année ?D'abord, le lundi c'est le premier jour de la semaine de travail,Il se situe plutôt vers la fin du mois, mais pas trop, quand le salaire n'est pas encore tombé,A ce moment les finances sont au plus bas après les dépenses des fêtes de fin d'année,Noël est déjà loin et les résolutions du Nouvel An sont déjà oubliées,Et ne parlons même pas de la météo...Mais qui dit ça ?Qui ose s'octroyer le droit de commander mes émotions ?Peut-être qu'on n'a pas envie de s'émouvoir tous en même temps et pour les mêmes raisons...Peut-être que quand on me demande d'être triste dans les moments de deuil, je préfère être heureux d'avoir partagé de beaux souvenirs...Peut-être que quand on me force à sourire ou même à rire je ne trouve rien de plus déprimant...Encore et toujours porter des masques pour sauver les apparences...On dit que : « l’expression faciale est le pivot de la communication entre les humains et que savoir lire sur le visage facilite nos relations sociales.Mais on a pas attendu de porter des masques pour éradiquer cet élément essentielle à la compréhension de soi et des autres Ces masques que la bienséance bourgeoise nous a collés pour cacher nos émotions les plus sincèresLa colère d'un enfant ou les pleurs d'un adulteCache, contient, retient, n'étale pas...Et pourtant comme le peintre nous avons besoin de toute la palette pour nous exprimer et éveiller notre conscience au mondeDerrière chaque émotion il y a une couleur,Mais depuis trop longtemps déjà j'ai l'impression que ces couleurs n'ont plus rien de l'arc en ciel :Quand j'écoute l'actualité, je ris jauneQuand je suis le chemin anxiogène que prend l'avenir, j'ai une peur bleueQuand j'observe les rouages de ce système qui nous gouverne, je broie du noirQuand je vois se reproduire sans arrêt les mêmes absurdités, je suis vert de rageQuand j’entends que la mémoire de ceux qui se sont battus pour des idées est souillée par des gens censés nous représenter, je suis rouge de honteEt quand je comprend que ce sont les mêmes qui disent nous protéger, je suis blanc comme un linge...Derrières nos masques d'adultes renfermésLa société nous fait subir nos émotionsPeur, agressivité, mépris, remords, dégoût, tristesse, soumission...Mais où sont passées nos émotions choisies ?L'amour, la joie, la sérénité, l'optimismePeut-être qu'il ne tient qu'à nous de nous en foutre quand ça va malD'épouser pleinement et intensément les émotions les plus bellesPleurer de rire, Aimer à la folie, Danser vers l'avenir en gardant la tête hauteet peut-être ainsi revoir la vie en rose...

Edito de la semaine : Le renouveau
12Jan
Edito de la semaine : Le renouveau
En 2020 on croyait avoir tout comprisAvec le virus finie la bamboche capitalisteLe ciel vidé de tous les avionsLes lieux de consommations fermésLes gens qui arrêtent de s'agiter dans tous les sensLa pollution qui s'effondreLa nature qui reprend ses droits au milieu du bitumeLe monde qui s'arrêteLe virus a tout plié et accompliCe que les révolutionnaires les plus radicaux n'avaient pasréussi à faire en plus d'un siècle de lutte acharnéeOn s'est dit c'est pas possibleOn peut pas continuer comme çaC'est l'occasion de prendre le temps d'enfin réfléchir pour agir plus intelligemmentEst-ce qu'on pourrait pas organiser nos sociétés différemment ?Penser autrement que dans une logique de profit ?Fonctionner de manière plus logique, plus solidaireCoopérer et s'entraider plutôt que de chercher à dominerOn va ralentir, revenir aux sources, à l'essentielCool enfin le monde d'après, le renouveauMais non c'est reparti encore pire qu'avantNo Future : les punks en ont rêvé le virus l'a faitMais qu'est ce qu'il nous faut bordel ?Une autre année peut-être ?Allez 2020 est derrière nousCette année elle compte pas, on l'oublie.Rien qu'une d'année de plus en moinsEt Voilà  qu'arrive 2021 comme ça va être bienUne année toute neuve, toute propre C'est à dire un beau livre vierge avec de la place et du tempsPour y écrire de belles histoires D'un genre qui fait rêver, qui redonne de l'espoir...Et pourtant nous sommes seulement le 11 janvier et la première page est déjà souilléeLa bête immonde n'a pas perdu de temps avec ses grands sabots crottés a déjà tout dégueulasséLe Brexit qui fait tellement rêver que le père du premier ministre demande la nationalité françaiseDes teufeurs bien meilleurs en logistique qu'un gouvernement qui décide de tirer au sort 35 personnes pour accompagner la vaccinationOn continue avec une affaire de pédophilie en haut lieuEt bien sûr comme souvent tout le monde savait...Aux États Unis, le rouquemoute qui refuse de quitter la maison blanche et le lendemain invasion du capitole à Washington par des villages people d’extrême droiteLes Grecs sortis de leur confinement pour envahir les plages sous 28 degrés en plein mois de janvierSans compter le virus qui mute et qui redécolle grâce au père Noëlet des ministres encore plus cons qu'en 2020Hé oui c'est possibleElle commence bien cette nouvelle année non ? Mais on a l'habitude maintenantAlors année à vousBonne ou mauvaise elle aura lieu de toute façon.En attendant, pour démarrer cette nouvelle année décevanteFaisons nous plaisir à imaginer ce que serait le renouveauPour nous échapper de cette triste réalité, Il nous reste la naïveté d'espérer et la folie de l'illusionAlors oublions un peu tous ces connards qui sabotent notre mondeRêvons beaucoup et imaginons ensemble le renouveau non pas l'année prochaine ni même demain, mais là tout de suite Le renouveau c'est maintenant...

Edito de la semaine : L'Espace
15Dec
Edito de la semaine : L'Espace
Dans le ciel, la nuit, Mille lumières qui brillent … Et toi tout petit bonhomme à la vie monotoneDes milliers de couleurs Qui naissent et qui meurent, Une immense symphonie Au bout de l'infini L'espace sidéral, Le vide intégral… L'appel des trous noirs Dans l'espace immense Où les couleurs dansent, Tu prends ton envol, et ton esprit décolle... C'est un 14 décembre que les frères Montgolfier ont décollé les premiers et c'est un 14 décembre que le dernier humain a atterri sur la luneMais Quel ironie d'aborder le thème de l'espace dans cette période où tellement de personnes en manquentConfinés dans des petites boites tellement rempliesSans espaceAlors qu'au dessus de nos  têtes se déploie l'immensité de l'universPendant des millions d'années, l'espace est resté hors de portée des humains, cloués au sol sur leur planète. Comme tout objet inaccessible, il fait rêver et donne lieu à de nombreuses interprétations. Des siècles durant, on a d'ailleurs cru que le ciel était la résidence des dieux, reposant dans la béatitude éternelle.Les humains ont voulu en avoir le cœur net et sont donc allés sur place. Ils n'y ont pas trouvé de présence divine, mais plutôt un endroit étrange, sans air, ni bruit, ni odeur. Un paradoxe de la nature caractérisé par l'absence et pourtant si hostile : Tantôt monde du silence, tantôt théâtre de gigantesques déluges énergétiques.Une énergie du vide, bien difficile à cerner,et qui bouscule totalement notre perception du monde..L'espace nous ramène à des thèmes que nous avons déjà abordésL'enfance d'abord. Qui n'a pas rêvé d'aller parcourir l'univers ?Découvrir de nouvelles planètesOu simplement se perdre dans les étoilesImaginer des mondes meilleurs dans d'autres galaxiesL'espace nous libère de nos murs et de nos boitesPour flotter en apesanteur Sortir de nos villes surpeuplés de monde et de bruitPour retrouver l'immensité et le silenceQuitter cette société qui nous fait consommer jusqu'au dernier grain de sable de notre planèteLaisser derrière nous la violence d'une planète vouée à l'autodestructionBien sûr l'humain aime les contradictionsEt reproduit les mêmes schémas partout où il passeLa Terre trop petite pour supporter  nos déchets ?Alors polluons l'espaceTant qu'on ne la voit pas la pollution n'existe pasDe Spoutnik à Space X60 ans de conquête spatialeL'espace c'est aussi des exploits scientifiques et technologiques mais qui dans un contexte de rivalité ramène l'humain à ses vieux démons : conquérir, être le premier, plus vite, plus loinTel un concours de qui a la plus grosse... fuséeQui pissera le plus loin ?Qui nettoiera derrière vous bande de dégueulasse ?Prendre l'avion, c'est passé de modeAlors cette semaine, Prenons une fusée. Direction l'espace :Ses trous noirs, ses milliers de satellites, sa station spatiale internationale, son absence de lumière naturelle et de gravité, ses décharges de débris spatiaux, son vide et son immensité...

Carte blanche à l'artiste Oze
04Dec
Carte blanche à l'artiste Oze
Par Mathilde Redaud :Hapchot a donné carte blanche à Zoë, volontaire en service civique à l’écolieu Jeanot depuis le mois de septembre, pour réaliser les visuels des Midinales. Rencontre.Zoë ou bien Oze comme elle aime à signer ses dessins et ses toiles, nous vient de Haute-Savoie.Elle dessine depuis qu’elle sait tenir un crayon et sa chambre a été son premier terrain d’expérimentations. Elle suit un cursus artistique en commençant par un bac en arts appliqués qu’elle complète par une prépa aux Beaux-Arts de Sète.Néanmoins, elle doit sans cesse justifier ses choix artistiques et cette approche autocentrée de la pratique artistique ne lui convient pas. Un besoin d’ouverture se fait sentir et Zoë se réoriente vers le milieu médico-social en suivant une formation d’assistante sociale. Pendant trois ans, elle ne touchera pas un crayon ni ne chatouillera une toile. C’est à l’occasion d’un voyage en Nouvelle-Zélande qu’elle renouera avec cette pratique sous le format du carnet de bord dans lequel elle consignera ses observations paysagères, ses ressentis et ses découvertes culturelles. À son retour en France en 2017, sa décision est prise : mettre sa pratique du dessin et de la peinture en priorité dans son quotidien. Elle cherche aussi du côté de la linogravure dont elle affectionne la dimension de reproduction manuelle. Des motifs surgissent alors, récurrents : ce sont des figures féminines auréolées de formes végétales. Elles s’accumulent dans une série de portraits au titre évocateur : Les Veilleuses. Zoë affirme que ses œuvres sont libres d’interprétation et se réjouit d’écouter les témoignages des regardeur.euse.s. Toutefois, elle exprime l’effet cathartique de sa série Les Veilleuses, qui a été pour elle une auto-thérapie lorsqu’elle a affronté la disparition de son père à l’été 2019. Ces femmes tripartites au long cou et au visage affublé d’une boucle d’oreille pendante et d’un chignon, sont des totems protecteurs pour les personnes visibles comme celles qui nous sont devenues invisibles.Aujourd’hui, du haut de ses 26 ans, elle continue de développer les portraits de femmes et les carnets de voyage dans lesquels elle associe l’écriture aux paysages. Elle souhaite également diversifier ses supports d’expression avec les affiches ou les étiquettes de bouteilles de vin. C’est pourquoi, elle s’est volontiers prêtée au jeu de la carte blanche Hapchot. Depuis son arrivée à Jeanot, cela la titillait de faire quelque chose avec la radio, c’est désormais chose faite. Elle nous propose donc un dessin chaque lundi sur la thématique de la Midinale. Le 16 novembre, on s’intéressait aux projets inutiles et Zoë a tout de suite pensé au manifeste de Nuccio Ordine sur « L’utilité de l’inutile » et au passage qui cite Eugène Ionesco lorsqu’il questionne la place de l’art dans une société qui ne comprend pas l’utilité de l’inutile et vice-versa.On vous laisse avec les mots du dramaturge : « Regardez les gens courir affairés, dans les rues. Ils ne regardent ni à droite, ni à gauche, l’air préoccupé, les yeux fixés à terre, comme des chiens. Ils foncent tout droit, mais toujours sans regarder devant eux, car ils font le trajet, connu à l’avance, machinalement. Dans toutes les grandes villes du monde c’est pareil. L’homme moderne, universel, c’est l’homme pressé, il n’a pas le temps, il est prisonnier de la nécessité, il ne comprend pas qu’une chose puisse ne pas être utile ; il ne comprend pas non plus que, dans le fond, c’est l’utile qui peut être un poids inutile, accablant. Si on ne comprend pas l’utilité de l’inutile, l’inutilité de l’utile, on ne comprend pas l’art ; et un pays où on ne comprend pas l’art est un pays d’esclaves ou de robots, un pays de gens malheureux, de gens qui ne rient pas ni ne sourient, un pays sans esprit ; où il n’y a pas l’humour, où il n’y a pas le rire, il y a la colère et la haine. » https://www.instagram.com/sallazoe/