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À LA UNE
09Mar
Edito de la semaine : Tu es minorisée...
Ton identité se lit à la foissur le papiersur ton corps dans tes croyances dans ta tête et dans ton cœurTu es humaine Mais tu es minoriséeCar tu es une personne Qui n'appartient pas au groupe le plus fort et donc le plus visibleCelui qui t'accorde les privilèges et la supériorité Ceux qui cochent toutes les casesN'ont même pas de questions à se poserEt préfèrent cacher la réalité derrière leurs avantagesApparemmentLa discrimination n'existe que si on en est victimeContrairement à toiIls sont du bon côtéIls ont le luxe d'être entendus de pouvoir crier au scandale et de dénoncer Tout en étant scandaleux et en oppressantIls ne veulent pas te laisser de place Les grandes gueules qui te font ces mêmes injonctionsLes lâches qui te passent à tabac Les pathétiques qui te balancent ces éternels clichés en croyant argumenterIls ne respectent pas ton identitéLa leur est supérieureIls sont fiers comme des coqs élevés dans une basse courqui conditionne toutes ces violences La violence institutionnelle qui légalise et perpétue cette dominationEt ses complices qui t'étouffentIls te poussent à devoir lutter pour t'émanciperTu es minorisée, catégoriséeIls ne cherchent pas à te comprendreEt la formule tu la connaisIgnorance, peur, haine, violenceC'est aussi con que ça Combien de temps la société aura passé à te persécuter ?Pour ton parcours, ton sexe ou ton apparenceA cause de ton identitéTellement de tempsAlors qu'elle devrait te permettre de vivre sereinement Comme tout le mondeComme personneMais qui sait ?Malgré les apparences la société a peut-être un avenirSi elle trouve d'autres moyens que la violencePeut-être qu'un jour, ils seront moins cons Tu n'entendra plus Respecte mon autoritéEt tu n'auras plus besoin de leur direRespecte mon identitéD'ici là courage à toi...

22fev
Élevage de plein-air et grippe aviaire : la crise dure, les éleveur.euses endurent
En six ans, c’est la 4e vague de grippe aviaire qui s’abat sur la filière avicole européenne. En France, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a relevé le niveau d’alerte en novembre 2021, imposant le confinement des volailles, y compris pour les particuliers qui élèvent des poules et des canards.La mesure vise à prévenir tout contact avec les oiseaux migrateurs, potentiellement porteurs du virus, et ce du 15 novembre jusqu’à la mi-mars, soit une durée de 4 mois.📷 Des volailles confinées, Gers © Jean-Pierre Duntze/FTVDu point de vue du ministère de l’agriculture, les pratiques de protection ont évolué cette année pour assurer le maintien des élevages de plein air. Le ministre Julien Denormandie fait notamment référence à l’installation d’un équipement de protection adéquat - le filet, qui permet le confinement en extérieur.Un oxymore qui ne fait pas rêver les éleveurs et éleveuses de plein air. La claustration des bêtes est fermement remise en cause par la Confédération paysanne et le Modef. Ces organisations dénoncent des mesures inadaptées au plan sanitaire qui ne permettent ni d’éviter les crises ni d’empêcher l’augmentation des cas de contamination. Elles défendent un autre modèle de production avicole pour sortir des crises. Ce changement structurel comprendrait la baisse des densités de certains territoires en volailles, le plafonnement du nombre d’animaux par élevage et la fin du fonctionnement segmenté des filières volailles qui disséminent les virus notamment par le transport d’animaux vivants. La Confédération paysanne et le Modef dénoncent aussi des abattages préventifs d’animaux sains menés sans cadre règlementaire dans les Landes, le Gers et les Pyrénées-Atlantiques. Selon ces syndicats, des interprofessions de la filière palmipède chercheraient à opérer un dépeuplement massif afin de relancer au plus vite la production. Pour le Cifog (interprofession du foie gras), le dépeuplement préventif serait la seule stratégie à disposition de la filière pour endiguer le virus H5N8 de grippe aviaire. Réuni mercredi 16 février à Bordeaux, le conseil d’administration du Cifog a proposé que l’élevage en bande unique soit la règle lors de risque élevé de contamination.La bande unique est une méthode d'élevage qui consiste à remplir en une seule foisun bâtiment d'élevage avec des animaux de même âge, de même poids et de même stade physiologique. Ainsi, les animaux quittent le bâtiment au même moment, et l'éleveur.euse peut nettoyer et désinfecter le bâtiment.Ces mesures sont pensées pour les gros élevages où les bêtes sont en surpopulation.La majorité des foyers de contamination sont des élevages claustrés, en filière longue. Ces élevages industriels claustrés expulsent des charges virales dans leur environnement, contaminant les élevages voisins.Cette année encore, 3,5 millions de volailles saines et infectées ont été abattues dans le but d’essayer d’enrayer l’épidémie. Tuer des volailles pour empêcher que les volailles ne meurent… absurde vous avez dit ? L’influenza aviaire court toujours et l’hiver n’est pas terminé.En s’appliquant de façon identique à l'élevage de plein air, ces mesures menacent tout un pan de l'activité agricole et gastronomique du pays. Les paysan.nes ont dû investir pour claustrer, certain.e.s ont parfois réduit les volumes avec des conséquences financières importantes. Les épizooties d’influenza aviaire seront amenés à se répéter dans les années à venir, le modèle de production de plein air est donc voué à disparaître si la gestion de cette crise sanitaire n’évolue pas. Pour les défenseurs de l’élevage de pein air, les politiques sanitaires poussent à restructurer l’élevage au profit du modèle industriel.Par ailleurs, les consommateur.rices sont floué.e.s lorsqu’iels croient acheter des œufs de poules élevées en plein air comme l'indique la boîte dans laquelle ils sont rangés. Le marketing continue de mettre en avant l’argument de plein air quand, en réalité, les produits proviennent d'animaux élevés claustrés.Dans les Landes, le Collectif d’éleveurs de volailles et de consommateurs landais a choisit d’ouvrir son bec et invite les ciotyen.nes à venir exprimer leur désaccord en participant à un rassemblement le samedi 5 mars à 14h devant la préfecture des Landes à Mont-de-Marsan.Mathilde Redaud, le 22 février 2022
16fev
Edito de la semaine : la prison
Détenu.e tu as troqué tes droits contre une vie de délits et de crimes. Tu es parfois emprisonné sans avoir encore été jugé. Tu devras te serrer dans ta cellule - il y a plus de 192 détenus pour 101 lits disponibles dans le centre pénitentier où tu vas purger ta peine. Rien d’étonnant, la population carcérale a augmenté de 31,5 % en vingt ans, passant de près de 48 000 au 1er janvier 2001 à près de 70 000 à la fin de l’année 2021. C’est ce qu’on peut lire dans le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur les dysfonctionnements et les manquements de la politique pénitentiaire française publié le 12 janvier 2022.Tu vas bientôt t’en rendre compte que la politique carcérale en France est un échec, tu vas l’éprouver physiquement même.Tu vas faire la connaissance d’une société dans une société : pénétrer dans un temps mou, rythmé par des moments répétés à l’infini : repas, promenade, douche… froide et moisie pour la plupart.Des conditions de détention exacerbées pour les prévenus qui attendent leur jugement en écopant déjà d’une peine : celle de vivre dans la surpopulation et la promiscuité, sans permissions de sorties, sans possibilité de téléphoner, sans activités culturelles, sportives, de formation ou de travail.Et une fois condamné, je ne te parle pas de l’isolement disciplinaire…Vivre seul dans un univers de 8 m² tout entier fait de béton, au mobilier scellé au sol, à l'éclairage artificiel allumé en permanence. Des personnes à qui l'on interdit de rencontrer qui que ce soit pendant des mois - voir jusqu’à une année entière.Qu’il soit voulu ou subi par le détenu, l’isolement a de sérieux impacts sur sa santé mentale, somatique et son bien-être social. C’est ce qu’on peut lire dans le 21e rapport général d’activités du Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT) publié en 2011.Il est inacceptable que le système carcéral porte encore atteinte à la dignité de la personne et aux droits de l’humain. Et quelque soient les délits et crimes commis.Le maintien des liens familiaux fait partie de ces droits fondamentaux dont toute personne ne doit jamais être privée.Le maintien des liens familiaux est considéré comme la condition fondamentale de la réinsertion - ou insertion tout court, s'il-vous-plaît parlons vrai, insertion des personnes placées sous main de justice. Ce maintien passe par l’accueil des familles pour permettre aux personnes détenues de conserver leurs rôle et leur statut et en particulier au sein de leur famille et assurer à leurs proches d'être reçus dans de bonnes conditions dans les établissements pénitentiaires. Les personnes prévenues ont droit à au moins 3 visites par semaine.Les personnes condamnées ont droit à au moins à 1 visite par semaine.Ces visites au parloir qui structurent des vies…3 jours de parloir par semaine, prendre rendez-vous via une borne numérique, faire plusieurs heures de route, être désinfecté.e puis contrôlé.e, fouillé.e, puis avoir 20 min/une demi-heure avec son proche détenu.Tension permanente, aller vite au parloir, vite en repartir. On ne peut pas souhaiter un bon parloir, le bon parloir n’existe pas. C’est toujours un moment angoissant, stressant. On se sent seul.e dans l’entre-deux, entre l’intérieur et l’extérieur.Toutes les études montrent par A + B que la prison est une fabrique de délinquants & de criminels. La prison est la marque d’une société dysfonctionnante. Et comme le dit si bien Gabriel Mouesca : « S’il y avait 1 taulard par famille, la France voterait pour l’éradication de la prison »...
09fev
Edito de la semaine : Carnaval
Le monde est un théâtredisait ShakespeareUne mise en scène à grande échellerempli de clowns bien trop sérieux ou navrantsqui portent des masqueset jouent parfaitement leur rôlecelui de la bonne poire,celui du vieux con,celui du pauvre, du riche ou de l'étrangerChacun arbore son déguisementfièrement ou à son insupolicier pour certains, costume et cravate pour d'autresmédecin ou maladechacun joue son personnagesans équivoquesans jamais en sortirDes masques et des déguisements pour se cacher derrière une réalité superficiellePour se ranger dans des vies sans fantaisie, sans mystère, sans rêves.à tous ceux qui pensent que la vie est injuste et cruelle,qui pleurent et pensent que les choses ne changeront jamaisRassurez-vous :Car voilà qu'arrive le vrai carnavalCette bulle d'air qui s'échappe de nos vies compartimentéesLorsque les masques et les déguisements tombentOn oublie tout ce que l'on est, tout ce que l'on saitOn laisse place à sa créativitéOn se déguise non plus pour se cacher ou être cataloguémais pour s'ouvrir à une nouvelle vieLe policier devient taulardLe clodo devient médecinl'homme viril devient une femme sensuellele fonctionnaire devient un être surnaturel et fantaisisteCasimir ou Bécassinepirate, panda, de plumes ou de fourruresPeu importe, pourvu qu'on change d'identitéQu'on s'amuse de ce qu'on est et de ce qu'on est pasQue l'on se moque des différences, des cultures, des religions, des codes de la société moderne et des conventions.Tout ça n'existe plusPlus rien n'a d'importanceOn fait une pause, On se libère de toutes les contraintes socialeLes barrières sautentChacun réinvente sa propre histoire Sans jamais laisser la réalité faire obstacle à son récit.Le déguisement est nécessaireTout comme la musique et les chants qui l'accompagne Plus de règles, ni de politiqueOn célèbre, on se rencontreUn seul but : unir dans la fête des personnes différentesSoigner les névroses et se rappeller à l'essentielNe plus prendre la vie au sérieux,et Exister différemment pour se sentir vivants...
02fev
Edito de la semaine : L'eau monte...
L'eau monte, noyant la Terre,les plantations, les cultureset nos orteilsAlors que l'eau continue de monterOn repense à ce temps où l'on nous disait« Attention on va droit dans le mur »Et ce mur on le faisait reculer sans cesseLe GIEC avait pourtant prévenu en 2019Comme il avait aussi prévenu sur le resteDans des rapports successifs pondus tous les 2 ansToujours plus alarmiste bien que réalistesMais nos dirigeants ont choisi ouvertement de les ignorerTout comme ils ont choisi d'ignorer l'impact de leurs actions sur le long termeAu profit d'aménagements honteux successifsCar oui, à l'époque il semblait bien plus important de bétonner des marécages pour y implanter des hangars AmazonD'autoriser les plus friqués à construire leur maison secondaire sur les littorauxD'exploiter des ressources fossiles sous marines De polluer les fonds marins avec nos chimiques et nos titanic...Plus importantQue de se soucier de la montée des eaux1,5 cm par anL'eau des océans plastiqués nous arrive aux genouxA l'époque ce n'était pas une prioritéLes précédentes générations avaient été éduquées de manière individualistesà ne pas réfléchir aux conséquences de leurs actesà leur impact sur les générations futuresPersonne ne cherchait à se responsabiliserSuivant l'exemple de politiciens à qui l'on avait donné les clés pour agir,Et qui pour seules solutions trouvèrent la culpabilisation, le mépris et le mensongePlus facile de nier l'évidence que de se bouger dans le cul quand pense surtout à son petit confort immédiatEt ça monte encore,L'eau des rivières pollués nous arrive au nombril Aujourd'hui nous sommes en 2040et le territoire où j'ai grandi est sous l'eau Les Landes sont encore là grâce à ses zones humidesContrairement à la Gironde qui a tout bétonné à l'époque1 humains sur 2 a du se déplacer pour survivreLa moitié des grandes villes ont disparuQuand aux îles, il n'y en a plusL’érosion des côtes continue à vitesse grand v Les entrées d’eaux salées dans les terres ont altéré les nappes phréatiques et donc l'eau potablele risque d’inondations ou de vagues de submersion est quotidienSans parler des tornades de requins Dépêchons nous de blaguer encore,Car l'eau nous arrive au niveau des épaulesA l'époque déjà nous n'avions plus le tempsEt nous avons encore accéléré les chosesGazprom, Aramco, Shell, Total, Coca Heureusement ces entreprises n'existent plus aujourd'huiEmportées par la culpabilitéL'eau recouvre maintenant nos bouchesNous empêchant de dire une dernière conneriePuis d'en entendreCar nous voici maintenantSous l'eau...
19Jan
Edito de la semaine : Droits Humains et Devoirs Collectifs
Le mois de janvier nous rappelle tristement chaque année Le navire de guerre français bien-nommé « Droits de l'Homme » Parti faire la guerre pour rétablir la paix et qui sombra le 16 janvier 1797 au large de côtes ennemisTrop sûr de sa supérioritéPas de délit de solidarité à l'époqueMais pourtant personne pour sauver l'équipageVoilà une bien vilaine prémonition...Au lendemain de la seconde guerre mondialela communauté internationale décide d'élaborer un texte commun à chaque être humaingarantissant les mêmes droits Droit à la vieDroit à la santéDroit à l'égalitéDroit à une justice équitableDroit à la dignitéDroit à la sécuritéDroit à l'éducationDroit à la liberté d'opinion Droit à la liberté d'expressionDes principes fondamentauxAfin de se défendre contre les abus des étatsd'assurer les besoins de base, l'épanouissement personnelet tous les droits collectifs et solidairesça c'est pour la théorieL'utopieCar dans les faits« plus personne parmi nous ne peut considérer un seul de ses droits fondamentaux comme acquis « Et faire valoir tous ces droits partout est très compliqué Encore aujourd'huiDes gens sont enfermés ou tués pour leurs opinionsDes personnes fuient leur pays en guerre sans trouver Accueil, protection ni même respectDes individus subissent des discriminations parce qu'ils n'ont pas la bonne couleur, le bon sexe ou la bonne croyanceEt il est plus facile de croire que cela n'arrive que chez l'autrePas assez développé, pas assez démocratiqueSi facile de comparer nos droits restants Pour faire oublier nos droits perdusLorsque l'on parle de droits humainsL' évolution n'est pas systématiquement positiveEn 2022, En France aussi, Fameux pays des droits de l'HommeIl y a de la pauvreté, de la discrimination, de la domination, des exactions, des droits bafoués des phénomènes ancrés qui se maintiennent,que l'on choisit ou pas de voir,Parfois on les ignore Ou on s'insurge, au mieuxMais quelle force nous anime pour oublier si vite nos droits fondamentaux ?UniverselsIndivisiblesInaliénablesSi tous ces engagements avaient réellement été prisNous vivrions en paix, en sécurité, en bonne santéNos systèmes juridiques seraient justes et équitables pour tousTous les mécanismes seraient transparents et démocratiquesDes instances seraient là pour servir les intérêts de l'ensemble des individusLa déclaration universelle des droits de l'humain n'est pas une loiMais un principeQu'il appartient aux humains d'invoquer et de défendre collectivement,à nous de nous faire de ces droits un devoir collectifPour que l'humanité soit enfin belle...